La place de la femme dans l’église

Ecoutons le Pape Jean-Paul II : il précise sur la place des femmes dans l’Eglise trois points principaux :

  • L’importance de la femme dans la vie du prêtre
  • Les fonctions de l’homme et de la femme dans l’Eglise
  • La mission prophétique de la femme dans l’Eglise

« Cette année (1995), pour le Jeudi Saint, dans la lettre que j’adresse habituellement aux prêtres, je les ai invités à réfléchir sur le rôle significatif que la femme exerce dans leur vie, comme mère, comme sœur et comme collaboratrice dans les activités d’apostolat » (n° 10).

Comme mère, dont le prêtre a reçu la vie du corps et de l’esprit ; de qui il a appris à devenir homme.

Comme sœur : le prêtre est pleinement homme ; il ne peut s’accomplir sans la femme. Mais cet accomplissement dans la complémentarité s’établir dans une relation autre que la relation conjugale : « Il s’agit d’une autre dimension de l’aide, aussi importante que la dimension conjugale, bien que différente » (n° 10). C’est particulièrement dans la vérité de sa relation fraternelle avec la femme que le prêtre apprendra à vivre le célibat consacré : « Pour vivre dans le célibat d’une façon mûrie et sereine, il semble qu’il soit particulièrement important que le prêtre cultive profondément en lui l’image de la femme comme sœur » (Lettre aux prêtres 1995 n° 4). D’où l’importance dans l’éducation des jeunes garçons d’avoir la possibilité de connaître et de goûter cette relation fraternelle saine et épanouissante.

Comme collaboratrice dans les activités d’apostolat : c’est dans cette relation fraternelle que le prêtre doit accueillir aussi la femme comme une aide qui lui est assortie.

En demandant que l’on fasse plus de place à la femme dans la vie ecclésiale, Jean-Paul II nous présente la figure de Marie, femme entre toutes les femmes, et, nous l’avons déjà dit, nous rappelle que toute fonction dans l’Eglise doit être vue non pas comme un pouvoir et une domination, mais dans une perspective de service. Ainsi, écrit-il, « dans cette perspective de service, qui exprime la véritable royauté de l’être humain s’il est accompli avec liberté, réciprocité et amour, il est possible d’accueillir une certaine diversité de fonctions sans conséquences désavantageuses pour la femme » (n° 11).

Chacun, homme et femme, a sa place dans l’Eglise. La distinction des rôles tient au fait que Dieu lui-même a choisi des signes pour se rendre présent aux hommes. L’homme reçoit la fonction sacerdotale parce qu’il représente Dieu. La femme, elle, incarne l’humanité, l’Eglise épouse du Christ. Refuser l’ordination des femmes n’est pas une discrimination : le  sacerdoce n’est ni un droit, ni une domination ; il est un don et un service ; il ne confère aucune supériorité de l’homme sur la femme. Là encore, gardons-nous d’un féminisme revendicateur qui appauvrirait la merveilleuse richesse de la complémentarité homme et femme.

D’ailleurs, rappelle Jean-Paul II, « dans ce vaste domaine du service, l’histoire de l’Eglise a connu vraiment le génie de la femme, ayant vu apparaître en son sein des femmes de premier plan qui ont laissé d’elles-mêmes… une empreinte importante et bénéfique » (n° 11). En effet, l’histoire de l’Eglise est marquée de la présence active et priante des femmes, que ce soit dans le domaine de l’éducation : « Comment ne pas rappeler le témoignage de nombreuses femmes catholiques et de nombreuses congrégations religieuses féminines qui ont fait de l’éducation leur activité principale » (n° 9) ; des activités caritatives : « Comment ne pas avoir un sentiment de reconnaissance à l’égard de toutes les femmes qui ont oeuvré et oeuvrent dans le domaine de la santé… et souvent dans des circonstances très précaires, dans les pays les plus pauvres du monde, donnant un témoignage de disponibilité qui frôle souvent le martyre » (n° 9) ; des activités sociales : « Comment ne pas rappeler aussi les innombrables femmes qui, animées par la foi, ont consacré leur vie à des initiatives d’un intérêt social extraordinaire, particulièrement au service des plus pauvres » (n° 11).

Des femmes même ont eu une telle influence sur la réflexion priante de l’Eglise qui cherche à communier toujours plus profondément au mystère de son Seigneur qu’elles ont reçu le titre de Docteur de l’Eglise : le Pape cite dans sa lettre Ste Catherine de Sienne et Ste Thérèse d’Avila, nous pouvons y ajouter aujourd’hui Ste Thérèse de l’Enfant Jésus. Femme, le Seigneur te confie l’homme pour que tu lui apprennes à être pleinement lui-même. Vis la communion avec lui, pas la concurrence. Ne cherche pas à prendre sa place dans l’Eglise, mais prends ta place, toute ta place, dans l’humble disponibilité de ton service pour bâtir l’Eglise.