Sainte Thérèse Bénedicte de la Croix

Thérèse-Bénédicte de la Croix ou Edith Stein (1891-1942)

C’est le 1er octobre 1999 que le pape Jean-Paul II mit l’Europe sous la protection de trois saintes très différentes: sainte Catherine de Sienne, sainte Brigitte de Suède et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, en voulant “réaffirmer la dignité de la femme et ses dons propres”  :

“Son militantisme en faveur de la promotion sociale de la femme fut particulièrement appréciable pour son temps, et les pages dans les- quelles elle explora la richesse de la féminité et la mission de la femme du point de vue humain et religieux sont vraiment pénétrantes.”

 

Édith Stein est née le 12 octobre 1891 à Wroclam dans une famille juive. Son père mourut quand elle n’avait pas encore trois ans. Sa mère, femme très religieuse, devait diriger seule sa famille et ne réussit pas à maintenir chez ses enfants une foi vivante. Édith perdit la foi en Dieu: « En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de prier ».

Edith fut l’une des rares femmes de son époque à fréquenter l’université. Élève de Husserl, ses travaux philosophiques la rendirent attentive au phénomène religieux, et la question de la foi en Dieu s’imposa progressivement à elle. En 1921, la lecture de l’autobiographie de Thérèse d’Avila la décida à entrer dans l’Église catholique. Unissant ses compétences philosophiques à la lumière que lui donnait la foi, Edith Stein se consacra pendant une dizaine d’années à l’enseignement de la philosophie . Son principal souci était de mettre en valeur une vision chrétienne de la personne humaine. Le ler janvier 1922, Édith Stein se fit baptiser.

Edith était pleinement consciente de la signification de la montée du nazisme « Dieu avait encore une fois posé lourdement sa main sur son peuple et que le destin de ce peuple était aussi mon destin ». L’article de loi sur la descendance arienne des nazis rendit impossible la continuation de son activité d’enseignante.

Elle entra au Carmel en 1933 et y prit le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix.

Le 9 novembre 1938, la haine des nazis envers les juifs fut révélée au monde entier. Dans la nuit du 1er janvier 1938, le régime nazi la forçat à l’exil : elle se réfugia en Hollande mais le 2 août 1942, elle fut arrêtée. Les dernières paroles d’Édith Stein s’adressèrent à sa sœur : « Viens, nous partons pour notre peuple ».

Cette arrestation était une vengeance contre le message de protestation des évêques catholiques des Pays-Bas contre le progrom et les déportations de juifs. Huit jours plus tard, le 9 août 1942, Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, avec sa sœur Rose et de nombreux autres membres de son peuple, mourut dans les chambres à gaz d’Auschwitz, en Pologne, portant le don de soi jusqu’au martyre pour le Christ. Elle est canonisée à Rome le 11 octobre 1998.